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I - Êtes-vous dépendant du jeu ?
Les joueurs occasionnels ou sociaux :

C’est le profil le plus fréquent : le joueur occasionnel n'éprouve pas de dépendance vis-à-vis du jeu, il joue pour son agrément. Le jeu est un passe-temps auquel il ne consacre que des sommes modérées d'argent et un temps limité. Le joueur social joue soit occasionnellement soit régulièrement, mais le jeu garde une place limitée dans leur vie : il a d’autres centres d’intérêt et cela n’entrave pas les tâches de la vie courante. Ce type de joueurs ne surestime pas leurs chances de gagner et peuvent arrêter de jouer sans problèmes.


Les joueurs professionnels :

Le joueur professionnel joue régulièrement mais conserve une maîtrise des enjeux : il aborde le jeu avec une approche logique et calculée, sans euphorie ni enthousiasme particulier. Son activité ne concerne que les jeux laissant la place à une habileté : ils vivent le jeu comme un sport professionnel. Le jeu occupe une place prépondérante dans leur vie et ils en tirent un bénéfice substantiel.


>> Le joueur appelé « normal » (occasionnel ou professionnel) peut cesser de jouer quand il le décide, qu'il gagne ou qu'il perde. Il ne présente donc pas de dépendance comportementale :

• le joueur social ne trouve pas de valorisation dans le fait de gagner ou de perdre, d'autres aspects de sa vie sont plus importants ou gratifiants.

il ne fait pas l'expérience d'un « gros gain » dès ses premiers contacts avec le jeu.

• il ne recommence pas systématiquement à jouer pour compenser ses pertes.


Le joueur « compulsif »

Jouant sans « contrôle », le joueur compulsif n’arrête pas de son propre chef une phase de jeu… surtout lorsqu’elle est gagnante. Seule la dépense totale de l'argent disponible stoppe le joueur qui finit donc toujours perdant (même s’il ne garde en mémoire que ses « succès » au cours de la partie).


Le joueur pathologique

Comme le joueur compulsif, le joueur pathologique éprouve de grandes difficultés à mettre fin à une séquence de jeu, voire ne peut même pas l’envisager. Ce qui distingue le joueur pathologique réside dans l’obligation de toujours recommencer à jouer, sans pouvoir tenir compte des réalités personnelles familiales, économiques … et même logiques !


>> La notion de perte de contrôle du jeu est importante :

• Le joueur pathologique ne peut pas s’arrêter de jouer

• le joueur compulsif ne peut s'arrêter avant d'avoir tout perdu.

II - Critères de diagnostics du jeu pathologique

Définition du jeu pathologique : Pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu qui perturbe l'épanouissement personnel, familial ou professionnel.

Avec combien d’affirmations suivantes êtes-vous d’accord ?


Liste des critères :

oui non
1 Préoccupation par le jeu. Par exemple, préoccupation par la remémoration d'expériences de jeu passées ou par la prévision de tentatives prochaines, ou par le moyen de se procurer de l'argent pour jouer.  
2 Besoin de jouer avec des sommes d'argent croissantes pour atteindre l'excitation désirée.  
3 Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique de jeu.  
4 Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d'arrêt de la pratique du jeu.  
5 Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique. Par exemple des sentiments d'impuissance, de culpabilité, d'anxiété, de dépression.  
6 Après avoir perdu de l'argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour se « refaire »).  
7 Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d'autres pour dissimuler l'ampleur réelle de ses habitudes de jeu.  
8 Commet des actes illégaux, tels que falsification, fraudes, vols ou détournement d'argent pour financer la pratique du jeu.  
9 Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d'étude ou de carrière à cause du jeu.  
10 Compte sur les autres pour obtenir de l'argent et se sortir de situations désespérées dues au jeu.  

Vous totalisez de 1 à 4 réponses « Oui » : Vous êtes un joueur pathologique probable

Vous totalisez 5 réponses « Oui » ou plus : Vous êtes un joueur pathologique

Si vous totalisez une réponse « Oui » ou plus : Nous vous conseillons d’en parler à votre médecin traitant afin de consulter un spécialiste.

ATTENTION : Le diagnostic n'est pas justifié si un épisode maniaque explique mieux le comportement du jeu.

III - Comment reconnaitre un joueur pathologique ?

On appelle le jeu compulsif le "mal caché", puisque contrairement à d'autres dépendances, il n'y a pas "d'haleine d'alcool", de "yeux rouges" ou autres signes extérieurs facilement discernables permettant de déceler qu'une personne a un problème avec le jeu.


Le joueur pathologique peut tout aussi bien acheter des billets de loteries, s'adonner aux machines de loterie vidéo, aller jouer au rapido ou aux courses et parier sur des événements sportifs, que fréquenter un casino. Le joueur pathologique peut appartenir à toutes les classes sociales et peut apparaître à tout âge. Il va du jeune joueur de poker sur Internet pour qui le jeu est essentiellement un divertissement et un loisir à la dame ou le monsieur dans la soixantaine qui se retrouvent désemparés lorsque les enfants sont partis de la maison et que sonne l'heure de la retraite. En jouant, ils cherchent à combler le sentiment d'inutilité, d'ennui et de vide qui les habitent. Ces personnes peuvent rapidement perdre ce qu'ils ont amassé et construit pendant toute une vie : argent, ami(es), enfants, dignité et confiance de leur entourage.


On peut penser qu'une personne a un problème avec le jeu lorsqu'elle ne parle que de ses activités de jeu et vous raconte en détail ses gains, tout en taisant ses pertes. Aussi si vous remarquez qu'elle engage des sommes de plus en plus importantes au jeu et conséquemment essaie constamment d'emprunter de l'argent à son entourage. Si le joueur agit de cette façon, c'est qu'il a besoin d'augmenter la somme de ses paris pour atteindre l'état d'excitation désiré. De la même façon que le toxicomane doit augmenter sa consommation de drogue pour obtenir le même effet. Si une personne vous fait part qu'elle a déjà effectué des essais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter le jeu, ceci devrait vous mettre la puce à l'oreille. Voici un autre indice qu'un individu a développé un problème de dépendance envers le jeu. S'il est agité, irritable ou dépressif lorsqu'il ne joue pas pendant un certain temps. Ces signes étant la manifestation du "manque" que ressent le joueur. Finalement, si la personne vous dit qu'elle joue "pour oublier ses problèmes"; si elle retourne toujours jouer dans l'espoir de "se refaire", c'est à dire regagner l'argent qu'elle a perdu (tout le monde sait que c'est impossible) ou si elle a tendance à penser que les résultats du jeu dépendent plus de ses compétences à jouer, des qualités de la "machine", d'un chiffre "chanceux" a la loterie, etc. que du hasard, alors vous pouvez commencer à penser que cette personne a un problème.

IV - La trajectoire du joueur

Le jeu pathologique évolue classiquement selon quatre phases :


1) Phase de gain :

Les premières expériences de jeu peuvent permettre de gagner des sommes d'importance variables. Parfois le sujet gagne de manière répétée de petites sommes d'argent. Dans d'autres cas, la dépendance s'installe après un gain très important, un « big win » qui procure euphorie et exaltation. Le sujet tente alors de revivre cette expérience et espère même gagner une somme encore plus importante. Il joue de plus en plus souvent et acquiert une technique de jeu qu'il considère comme infaillible. Il fait l'expérience de l'acquisition, sans effort autre que celui de la confrontation au hasard, d'un statut social et même d'une certaine richesse. Il se croit protégé ou soutenu par la chance, le destin, le hasard. L'adhésion à des superstitions, des martingales ou des stratégies de jeu vient renforcer l'impression de maîtrise du sort. Durant cette phase initiale, les gains et les pertes s'alternent. Le joueur tend à surestimer l'importance de ses gains et à minimiser ses pertes. Il est incapable de calculer ce qu'il gagne ou ce qu'il perd vraiment en jouant. Il annonce aux autres et à lui-même des gains qu'il ne met pas en rapport avec les sommes perdues. Il attribue ses gains à son habileté au jeu, renforçant ainsi l'impression qu'il est un bon joueur. Le joueur peut présenter, lors de ses gains, de brefs épisodes dissociatifs, l'impression d' « un état d'identité modifiée » ou d'être « en dehors de soi-même ». Ces périodes de « transes » sont suivies de « trous noirs » avec l'impression d'avoir tout oublié. Les périodes de « transes » sont plus fréquentes chez les joueurs pathologiques (entre 60 à 76 % des cas) que chez les joueurs sociaux. Une véritable dépendance vis-à-vis du jeu s'installe. Le jeu devient une habitude contraignante utilisée comme un remède et une consolation contre les affects dysphoriques. La tristesse, l'ennui, le ressentiment ou l'anxiété sont des incitations à jouer.


2) Phase de perte et « chasse » :

La phase de perte est considérée par le joueur comme un moment où « la chance a tourné ». Elle est vécue comme une mise en échec de la science du jeu et de la protection vis-à-vis du mauvais sort. L'humeur est particulièrement fluctuante : les périodes de dépression et d'excitation alternent en fonction des gains ou des pertes. Le sujet s'engage dans une période dite « de chasse » (« chasing » dans la littérature anglo-saxonne) pendant laquelle il joue de plus en plus pour compenser ses pertes et « se refaire ». Il espère annuler ses dettes et gagner de nouveau en retrouvant son talent de joueur ou sa chance. Le joueur engage l'ensemble de ses ressources et multiplie les dettes. Il emprunte sans hésiter, persuadé que l'argent sera remboursé par ses gains à venir. À l'intérieur du casino, les préposés au vestiaire, les grooms ou les chauffeurs de taxi peuvent devenir des prêteurs occasionnels. La dépendance est véritablement installée. L'activité professionnelle, les loisirs, la vie familiale sont abandonnés ou négligés au profit du jeu. Cette activité, devenu « obligatoire », ne peut être interrompue sans qu'apparaissent des symptômes psychiques de sevrage (envie irrépressible de jouer, irritabilité, nervosité) et parfois même physiques (céphalées, troubles gastro-intestinaux, polypnée...).


3) Phase de désespoir :

Le désespoir chez le joueur fait souvent suite à une période de perte d'argent prolongée. Les dettes de jeu sont telles que les amis, la famille ou les banques refusent une aide et une annulation des créances. Désespéré et angoissé, le joueur ne parvient toujours pas à contrôler sa conduite. Il n'abandonne pas non plus les espoirs d'un gros gain qui permettrait de tout effacer. Il croit encore, contre toute vraisemblance, en sa capacité de gagner, en sa « science du jeu ». Il accuse l'entourage, qui ne le comprend pas, la chance qui l'oublie, plutôt que de renoncer à jouer. Le joueur peut, à ce stade, mentir et commettre des actes délictueux (escroqueries, chèques sans provisions, vols...) pour se procurer de l'argent. La survenue de sanctions judiciaires peut déclencher un passage à l'acte suicidaire ou une réaction dépressive. La dépression est retrouvée chez plus de 70 % des joueurs pathologiques et le taux de tentatives de suicide est compris entre 17 et 24 % au cours de cette phase.


4) Phase d'abandon :

A cette phase, les fantasmes de gains et de réussites sont abandonnés. Le joueur sait que ses dettes ne pourront être remboursées. Il n'en continue pas moins à jouer par une sorte d'« amour désintéressé » du jeu lui-même et de son contexte social (atmosphère des casinos ou des salles de jeux, lien de camaraderie entre joueurs...). On peut souligner ici que le jeu commence à devenir un problème bien avant l'apparition des conséquences négatives financières, sociales, familiales ou professionnelles du jeu. Il existe de nombreux symptômes précédant l'apparition des conséquences négatives du jeu. C'est à ce moment la qu'il faut venir consulter. Avant qu'il ne soit trop tard !!!!

V - Quand le jeu devient un problème

On ne mesure pas la pathologie d'un joueur simplement par le montant d'argent qu'il dépense au jeu. Un individu financièrement à l'aise peut jouer plusieurs milliers d'euros par années sans que cela soit un problème pour lui. En fait, les quelques trente ou quarante euros par mois que joue une personne ayant un faible revenu ou bénéficiant d'aide sociale se révèlent beaucoup plus problématique.


Le gambling (jeu), autant dans le domaine de la loterie et du PMU que dans celui des appareils de loteries vidéo et des casinos, devient pathologique lorsqu'il génère plus de difficultés dans la vie de la personne que de divertissement. Par exemple, si le jeu accapare l'argent dévolu à d'autres fins telles le compte d'électricité ou la facture d'épicerie ou, plus dévastateur encore, le temps et l'attention qui devraient, par exemple, être consacrés à ses enfants ou son/sa conjoint(e). Ou encore, si la personne ne peut s'empêcher ou s'arrêter de jouer. Si elle ne joue pas, elle y pense sans arrêt et se sent irritée, elle n'a plus le goût de rien faire et elle sent qu'il lui manque quelque chose.

VI - Trucs et astuces pour ne plus jouer

• Avoir peu d'argent liquide sur soi, et laisser les cartes de crédit à la maison ou si nécessaire, confier les cartes à un proche digne de confiance.

• Eviter de fréquenter les endroits de jeu, ne vous tentez pas. Et surtout, n'allez pas regarder les autres jouer, c'est le chemin vers la rechute.

• Tentez de voir les pièges que vous vous tendez (ex. Je vais seulement aller jouer 20 euros, je suis sûr de gagner, je le mérite.). Pensez à toutes les fois où vous vous êtes dites ces paroles, et les conséquences passées.

• Demander à votre banquier de fixer un montant de retrait quotidien maximal peu élevé.

• Pensez aux activités que vous aimiez par le passé et que vous avez abandonnées à cause du jeu. Recommencez à les pratiquer (ex. Cinéma, lecture, vélo, randonnées pédestres, sport.).

• Parlez de votre problème de jeu à des personnes en qui vous avez confiance, le secret ne fait qu'accentuer la honte.

• Si vous constatez que vous n'arrivez pas à contrôler vos habitudes de jeu et que celles-ci entraînent des conséquences négatives dans votre vie, consultez des professionnels.

• Pensez souvent à ce qui vous motive à arrêter de jouer.

• Utilisez le service d'auto-exclusion du casino ainsi que l'interdiction de jeu de casino au niveau national.

• Si l'argent vous brûle les doigts, songez à la fiducie (gestion de l'argent par une tierce personne).